Comment expliquer les échecs répétés des sondeurs ?

 

Parfois critiqués, toujours commentés, les sondages vont alimenter la discussion autour de l’élection présidentielle jusqu’aux derniers instants de la campagne. En France, des instituts comme Elabe, mais aussi l’Ifop, Odoxa, Kantar-Sofres, BVA, CSA ou encore Harris Interactive proposent régulièrement des enquêtes d’opinion permettant d’avoir un ordre d'idée sur les tendances de vote.

 

 

L’inconnue de la participation

 

Les sondeurs sont aujourd’hui bien en peine d’estimer précisément combien d’électeurs feront réellement le déplacement. D’abord, rien ne dit que tous ceux qui affirment aujourd’hui fermement qu’ils vont aller voter tiendront parole. Ainsi, 30 % des personnes « certaines d’aller voter » interrogées par un institut ne savaient ainsi toujours pas dans quel bureau de vote se rendre. A l’inverse, rien ne dit non plus que ceux qui se disent presque sûrs d’aller voter feront vraiment le déplacement.

 

L’importance de la participation pourrait pourtant avoir une importance capitale, car elle est au moins en partie liée à l’appartenance politique des votants.

 

La « marge d’erreur »

 

Les conséquence de cette inconnue sur la participation, les échantillons de sondés restent en général faibles. La méthode utilisée par les sondeurs français, celle des quotas (on recrée en « miniature » la structure de la société), comporte une « marge d’erreur » , appelée aussi intervalle d’incertitude. Un exemple: Lorsqu’on dit que M. Juppé est à 29 % et M. Sarkozy à 25 %, la réalité est plus complexe : le score de chacun d’eux est en fait estimé à ce chiffre, plus ou moins 2,5 points environ. M. Juppé peut donc être à 27 % et M. Sarkozy… aussi à 27 %. Un point très rarement rappelé dans les titres des articles consacrés aux sondages.

 

Des électeurs indécis

 

Plusieurs sondages mettent également en avant l’indécision même des électeurs, de plusieurs manières. D’abord, les intentions de vote en faveur d’un même candidat ont parfois grandement évolué en quelques semaines. Par exemple, François Fillon a gagné 10 points dans l’etude ipsos entre octobre (12 %) et novembre (22 %).

 

Au-delà de ces seuls mouvements au fil de la campagne, 23 % des personnes interrogées début novembre dans la même étude confient que leur choix « peut encore changer », à quelques jours du premier tour. Un phénomène qui existe pour toute élection, mais renforcé ici par le fait qu’il s’agit d’un scrutin au sein d’une même famille politique, où les candidats présentent des programmes similaires sur bien des points.

 

Chiara R. et Kimia M.


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