"Allons enfants de la Patrie..."

L'identité française

Depuis quelques années déjà, la France subit une “crise identitaire” : c’est ce que nous rappellent très souvent les médias. Cette crise de l’identité nationale nous semble exister plus ou moins selon les Français, et selon la vision que les gens ont de la Nation. Seulement, avec des événements comme les attentats à répétition en France (Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice…), la question de l’identité est devenue plus fréquente, plus présente.

 

Les débats pour la présidentielle de 2017 se sont emparés de cette question de l’identité nationale ; voici un tour d’horizon de ce qu’est être français pour les candidats...

 

  • Une identité historiquement catholique

Nicolas Sarkozy (les Républicains). “Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont Gaulois”. Nous avons tous entendu cette phrase au cours des derniers mois. Elle témoigne d’une vision fantasmée de l’Histoire, elle ne correspond pas à la réalité. Cette histoire de France, qui met les gaulois en héros, est ce que l’on nomme un “roman national” : le but est de créer une continuité historique, un sentiment patriotique et une unité nationale. Sarkozy fait de ces gaulois la preuve de l’identité nationale.

 

François Fillon (les Républicains) souhaite le retour du “récit national” dans l’enseignement de l’Histoire à l’école. Lors du débat de l’entre-deux-tours de la primaire, Fillon a affirmé, à tort, que Clovis et Jeanne d’Arc ne figuraient plus dans les livres scolaires d’Histoire. Il veut redonner de l’importance à certaines grandes figures de l’histoire de la France (une vision en l'occurrence catholique). De plus, François Fillon affirme dans les débats son catholicisme, et met en avant “les racines chrétiennes de la France”. Identité catholique et conservatrice.

 

Manuel Valls (Parti socialiste) rejoint la vision de François Fillon de l’identité française : “Nous sommes une vieille nation chrétienne”.

 

  • Une identité républicaine, issue de la Révolution

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) oppose au discours de Sarkozy une vision républicaine de l’identité française. “Moi, je ne veux pas d’une ethnicisation gauloise du débat. Mais oui, je dis que nous sommes les filles et les fils des Lumières et de la grande Révolution. À partir du moment où l’on est français, on adopte le récit national“.

 

  • Une identité multiculturelle

Emmanuel Macron : “La France s’est construite dans un projet de laïcité. L’un des fondements de la République est l’émancipation de la religion.” Identité multiculturelle.

 

  • Une identité ... ?

Marine Le Pen (Front national) revendique une France multiculturelle. Elle veut cesser d’associer son parti au racisme et à la xénophobie. “Est-ce que l’islam est compatible avec la République : je pense que oui.” a-t-elle dit. “Ce qui est important c’est le sentiment d’appartenance à la nation française.” Alors que Marine Le Pen insiste en même temps sur la perte de l’identité nationale, elle tient des propos racistes, comme à l’égard d’un conducteur d’origine maghrébine auquel elle avait demandé s’il avait gagné sa voiture au Loto. Figure paradoxale, Marine Le Pen défend-elle vraiment une identité multiculturelle ?

 

  • Une identité heureuse

Parlons maintenant d’Alain Juppé (les Républicains), qui était candidat à la primaire de la droite et du centre. Son thème de campagne était “l’identité heureuse”. Alain Juppé a voulu toucher la jeunesse, en transmettant un message d’avenir. Une France optimiste et confiante.

 

  • “Le débat sur l’identité française n’a pas lieu d’être”

Benoît Hamon (Parti socialiste) estime que ce débat sur l’identité française est “faussé” et relève d’une manoeuvre électorale. “A gauche, nous n’avons pas de problème avec l’identité nationale, ni avec la République, ni avec la liberté, ni avec l’égalité, ni avec la fraternité", a insisté Benoît Hamon.

 

Pour nous, lycéens, notre vision de l'identité française repose sur ce qu'on apprend et comprend en cours, et de notre expérience personnelle.

Au lycée on prévoit de réenseigner ces valeurs, à travers les cours d’EMC. L’EMC, “enseignement MORAL et civique”, remplace les cours d’éducation civique. Il s’agit sans doute de revaloriser les valeurs de la République chez les jeunes que nous sommes.

 

D’après ce que nous avons compris, cette initiative (dont seul le nom change réellement de la précédente, à savoir “enseignement civique juridique et social”…) peut être vue comme trop politique. Faire comprendre et répéter à une classe d’élèves que la France est une République. Que c’est ce qu’il y a de mieux, et que par conséquent, c’est sa plus grande force. En fait, le but pourrait être plutôt de recréer un sentiment disparu pour beaucoup d’entre nous, un sentiment d’appartenance à une nation, d’unité, un sentiment patriotique, pour faire face ensemble aux menaces et ainsi les repousser. En quelques mots, il s’agit de répondre à la devise française, qui se doit d’être revalorisée et revendiquer pour faire preuve de force et d’unité: “Liberté, Egalité, Fraternité.”

 

Pour nous, être français, c’est être uni, fraternel. Libre de la façon de l’être, de sa façon de penser, d’agir, de vivre, de parler, et de croire, ou non. Libre d’être qui l’on veut, et cela, sans nuire aux autres, et en leur étant égal. Et pas forcément répondre aux clichés ironiques, à savoir porter un béret et une baguette de pain, râler à longueur de journée et manger des croissants tous les matins, et vivre en France depuis des générations

 

Comprendre, adhérer, aimer et appliquer les valeurs de la République française suffit pour se sentir appartenir à la Nation.

 

Léa S. et Maxime S.


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Commentaires : 1
  • #1

    girodet (jeudi, 20 avril 2017 15:16)

    Et Jean Lassalle?